Le 10/06/2009

Affaire Julien Dray – SOS Racisme : les découvertes de la brigade financière

La police enquête sur des mouvements de fonds suspects décelés sur des comptes bancaires de Julien Dray par la Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy. Le député PS de l’Essonne est soupçonné d’avoir bénéficié par l’intermédiaire de proches collaborateurs de fonds issus de comptes d’associations. Des fonds en provenance des Parrains de SOS Racisme et […]

depute-essonne-association-associations-comptes-conseil-regional-ile-de-France-elu-fidl- genevieve-de-kerautem-julien-dray-les-parrains-de-sos-racisme-lyceens-montreui-ps-socialiste-sos-racisme-subvention-subventions-syndicat-tracfin-dominique-sopo-Stop-le-racisme-Val-dOrge-thomas-persuy-nathalie-fortis-10e-Circonscription-Nassira-Si-Ali-Fatima-OgbiLa police enquête sur des mouvements de fonds suspects décelés sur des bancaires de Julien Dray par la , la cellule antiblanchiment de Bercy. Le député PS de l’Essonne est soupçonné d’avoir bénéficié par l’intermédiaire de proches collaborateurs de fonds issus de comptes d’associations. Des fonds en provenance des Parrains de SOS Racisme et de la Fidl notamment.

Le président de SOS Racisme Dominique Sopo et deux cadres de l’ étaient toujours en garde à vue dans le cadre de cette enquête, mercredi midi 10/06/09. Synthèse des investigations effectuées depuis six mois.

Les largesses de SOS Racisme et de la FIDL

Julien Dray est l’un des co-fondateurs de SOS Racisme et de la Fidl ( Fédération indépendante et démocratique des lycéens).

Depuis son ouverture, l’enquête porte d’abord sur les relations financières entretenues par le député avec les Parrains de SOS Racisme et la FIDL. Dans ce cadre, les policiers se sont intéressés au rôle joué par Nathalie Fortis et Thomas Persuy, deux proches du député, mandataires de la FIDL.

Entre janvier 2006 et septembre 2008, les enquêteurs ont découvert que Nathalie Fortis et Thomas Persuy avaient encaissé des chèques provenant de SOS Racisme et de la FIDL pour un montant de 127 377 €. Selon les policiers, dans la foulée de ces encaissements, ils auraient émis des chèques en faveur de Julien Dray pour 102 985 €. Selon l’AFP, Julien Dray aurait bénéficié d’une partie d’une somme estimée à 351 027 euros.

Une nébuleuse d’associations

Outre SOS Racisme et la FIDL, les policiers ont enquêté sur deux associations : Stop le racisme Val-d’Orge, présidée par Cyrille Jouan, adjoint au maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, et 10 e Circonscription, présidée par , assistante parlementaire de Julien Dray. Ils ont ainsi découvert des flux financiers troublants.

Exemple : le 6 mai 2006, Stop le racisme accordait 3 500 € à Thomas Persuy et 5 500 € à la FIDL, laquelle reversait immédiatement cette somme à Thomas Persuy qui, dix jours plus tard, signait à son tour un chèque de 8 000 € au profit de Julien Dray.

Le 12 mai, outre Cyrille Jouan et Nassira Si Ali, quatre membres de ces deux associations ont été placés en garde à vue : Bertrand Lebail, adjoint au maire de Morsang-sur-Orge; Marie-Christine Carvalho, conseillère municipale de Morsang-sur-Orge; Jacques Lericollais, trésorier de 10 e Circonscription; Samira Zaoui, assistante parlementaire de Julien Dray.

La Rolex et les tableaux

Les policiers ont découvert que le 17mars 2008, Nassira Si Ali, présidente de l’association 10 e Circonscription, avait signé un chèque de 7 000 € à l’ordre de la bijouterie Bernardini à Milan, pour le paiement d’une montre Rolex destinée à , la suppléante de Dray.

Selon les enquêteurs, cette même association a vendu à SOS Racisme quatre tableaux appartenant à Julien Dray. Montant de cette vente : 9 000 €. Si SOS Racisme a conservé 2 000 €, le reste de l’argent a été reversé à Julien Dray.

La troublante étude d’une conseillère municipale

Le 25 mars 2009, Geneviève de Kerautem, conseillère municipale de Montreuil, également chargée de mission au conseil régional d’Ile-de-France, est placée en garde à vue. Les enquêteurs l’interrogent sur une somme de 6 000 €, reçue de la part de la FIDL puis transférée sur un compte de Julien Dray.

L’élue affirme d’abord qu’il s’agit d’un premier paiement pour une étude commandée par le conseil régional, mais refuse d’accompagner les enquêteurs qui souhaitent consulter le document à son bureau et à son domicile.

Mais à l’occasion d’une perquisition, les policiers saisissent des disques durs et des documents. Geneviève de Kerautem modifie alors sa version : ces 6 000 € , explique-t-elle, correspondent à un « prêt verbal » que Julien Dray devait lui rembourser en avril.

Perquisition à SOS Racisme

Les policiers de la Brigade financière ont perquisitionné mardi 10/06/09 pendant quatre heures environ, le siège parisien de SOS Racisme, en présence de Dominique Sopo, président de l’association. Le siège de l’association, avenue de Flandre (XIXe), avait déjà été perquisitionné le 19 décembre par les policiers, qui enquêtaient sur les comptes de l’association Les Parrains de SOS Racisme, installée dans les mêmes locaux.

Lors de la perquisition de mardi 10/06/09, les enquêteurs se sont intéressés plus spécifiquement aux comptes de SOS Racisme.

Source : Le Parisien et AFP

Pour aller plus loin : Tous nos articles sur l’ « affaire » Julien Dray /SOS Racisme

Publié par Observateur le 10/06/09

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