"assurance-maladie"
Envol des dépenses publiques en 2009
Les dépenses publiques se sont envolées en 2009. D’après l’Insee, elles ont dérapé de 3 % l’an dernier, pour atteindre 56 % du PIB, un record absolu en France.
Selon l’Insee, en 2009, les dépenses publiques totales – celles de l’État, de la Sécu et des collectivités locales réunies – ont augmenté de 3,8 % en valeur. Avec une inflation à 1 %, cela signifie que la hausse en volume a été de 3 %.
Résultat : les dépenses publiques ont représenté 56 % du PIB en 2009, un record pour la France, qui ne serait dépassé, au sein de l’OCDE, que par la Suède et le Danemark. Dans le programme de stabilité que Paris a envoyé en janvier à Bruxelles, les dépenses étaient censées se limiter à 55,6 % du PIB.
De 1998 à 2008, période qui comporte des années de basses ou hautes eaux pour l’économie, les dépenses publiques ont augmenté
L’Etat accusé de détourner les fonds de la journée de solidarité
L’association AD-PA (directeurs d’établissements pour personnes âgées) a une nouvelle fois accusé l’Etat, mercredi 18 novembre, de détourner des crédits issus de la Journée de solidarité, créée après la canicule de 2003 pour financer la prise en charge des personnes âgées ou handicapées.
“Cette année, le détournement direct sera de plus de 200 millions d’euros. Pire que cela, l’Etat organise les détournements à venir à hauteur de 307 millions d’euros”, a dénoncé dans un communiqué le président de l’AD-PA, Pascal Champvert.
M. Champvert a indiqué s’exprimer “en lien avec l’ensemble des représentants des personnes âgées, personnes handicapées et professionnels”, au lendemain de l’adoption par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) de son budget 2010, qui
L’ Unedic va réduire de 25 % ses subventions aux partenaires sociaux
Patronat et syndicats se sont réunis hier pour établir des règles de transparence sur les fonds attribués par l’assurance-chômage au financement du paritarisme.
La non-reconduction des subventions de l’Unedic aux partenaires sociaux cette année fait son effet. Hier, des représentants des cinq confédérations et des trois organisations patronales se sont réunis pour arrêter des règles de transparence, comme le réclame la Cour des comptes. Prenant exemple sur ce qui existe dans la formation professionnelle et l’assurance-maladie, ils se sont mis d’accord sur une procédure en deux temps. En amont, chacun présenterait un budget prévisionnel à financer comportant cinq postes, dont la participation aux instances nationales et leur préparation ainsi que le suivi et l’évaluation du système d’assurance-chômage. Mais il faudrait aussi justifier l’utilisation des fonds a posteriori.
Les associations craignent de faire les frais d’une baisse des subventions
Suppression de lignes de crédits, non-renouvellement de conventions pluriannuelles : la crise n’épargne pas les associations, notamment les plus dépendantes des financements publics. Une tendance qui les pousse à développer leurs propres ressources.
L’heure n’est pas à la banqueroute, loin de là . Mais de plus en plus d’associations s’inquiètent des effets de la crise sur leur financement, en anticipant notamment une baisse prochaine des subventions publiques dont elles dépendent en moyenne pour moitié dans leur budget. « Pour l’instant, on ne peut pas faire un constat consolidé mais les signaux inquiétants s’accumulent. Ce qui est sûr, c’est que le niveau d’incertitude augmente », souligne Olivier Brault, directeur général de la Croix-Rouge, dont 90 % des ressources proviennent de fonds publics. L’ inquiétude monte aussi au Secours populaire, où plusieurs lignes de crédits venant de subventions publiques ont été annulées.
Dans le Finistère par exemple, le nombre de « journées vacances » financées par la Caisse d’allocations familiales pour les enfants défavorisés est en nette baisse : 400 journées en moins en 2009, elles disparaîtront totalement en 2012. Dans le Nord, les subventions municipales dont bénéficie le Secours populaire sont en baisse de 5 à 15 %. Une des entités du Secours catholique a aussi perdu 400.000 euros de crédits publics pour l’hébergement d’urgence, sur un budget global de 40 millions d’euros.
Une tendance qui pose la question du maintien de certaines activités et de la baisse de qualité des prestations proposées, comme le craint André Flagel, président de l’UNA, qui regroupe plusieurs associations d’aide et de soins à domicile : « On sent une très forte pression à la baisse sur le prix des soins financés par l’assurance-maladie, ce qui risque d’avoir des conséquences sur le niveau des compétences de nos salariés et, in fine, sur la qualité des soins. » Ailleurs, ce sont des conventions pluriannuelles qui n’ont pas été renouvelées.
Pour amortir ces coupes budgétaires, les associations tentent de développer des ressources propres. Le Secours populaire récupère des denrées alimentaires auprès des grandes surfaces pour les revendre entre 10 et 50 % du prix initial dans ses épiceries solidaires. Même chose pour les boutiques de fripes solidaires du Secours catholique, mais « les montants restent modestes. Une boutique qui marche bien rapporte entre 30.000 et 40.000 euros à l’année. Ce n’est donc pas un vrai centre de profit, mais surtout un outil d’insertion», juge Jean-Marie Destrée, directeur du développement des ressources. Les programmes de formation (à la sécurité ou à la santé au travail) vendus par la Croix-Rouge aux entreprises sont plus ambitieux : ils représentent 100 millions d’euros du produit d’exploitation (y compris la formation initiale).
Un rôle de stabilisateur social
Les responsables associatifs restent malgré tout optimistes, tout au moins sur la nécessité de leur action : « Dans un contexte de crise, les associations font partie des stabilisateurs, au même titre que les prestations sociales. L’ État en est conscient et les différents plans de relance qui ont été annoncés comportaient d’ailleurs des mesures en faveur de l’action sociale et de l’intérêt général», analyse Olivier Brault. Les compétences spécifiques déployées par les associations, leur connaissance du terrain sont des atouts importants. « Les pouvoirs publics ont conscience de la nécessité du tissu associatif. Et pour un euro dépensé en financement public, il y a deux ou trois euros à valoriser en bénévolat. C’est donc un formidable effet de levier », conclut Jacques Malet, du réseau Recherches & Solidarités.
Les chiffres clefs
Plus de 1 million d’associations en France ; 16 % sont des associations employeurs, soit 1 million d’emplois en équivalent temps plein ; 14 millions de bénévoles.
Les subventions publiques représentent 51 % du budget des associations.
Source : Les Échos des 27 et 28 février 2009
Une centaine d’associations s’estiment “en danger” faute de financement


