"fete de la musique"
Subventions : halte au rock institutionnel !
Subventions : le rock, musique « rebelle » par excellence, bénéficie de plus en plus du soutien de l’État, des régions, des départements et des communes.
« Institutionnalisation » : c’est sous ce terme que le sociologue Emmanuel Brandl désigne la façon dont le rock, musique « rebelle » par excellence, bénéficie de plus en plus du soutien de l’État, des régions, des départements et des communes.
Dans son livre «L’ambivalence du rock entre subversion et subvention» (L’Harmattan), il donne quelques repères :
1981 : création du service de l’action musicale au sein de la Direction musique et danse (DMD) du ministère de la Culture. Budget : 76 224 euros, plus une petite subvention (7,5 millions de francs, soit 1,15 million d’euros) pour « le jazz, le rock, la chanson et les variétés ». Le budget du service d’action musicale passera à 2,06 millions d’euros en 1985, puis à 2,9 millions en 1999, année où les « musiques actuelles » bénéficieront d’une subvention de 5,34 millions.
À quoi il faut ajouter l’effort public pour la fête de la musique. 1989 voit la nomination de Bruno Lion comme chargé de mission pour le rock et les variétés. Ce dernier crée le Centre d’information du rock (CIR) en 1986, qui deviendra Irma (centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles) en 1991.
Au cours de ces années, divers programmes sont lancés, comme Jeunesses et culture, au sein du Fonds d’intervention culturelle (FIC).
Souvent ces programmes s’insèrent dans des projets plus vastes, type DSU (développement social urbain) : c’est le cas de l’opération « Café-musique ».
N’oublions pas les Smac, scènes de « musiques actuelles », subventionnées à la fois par le ministère de Culture et les collectivités locales…
Arrêtons là l’énumération, en précisant que Le Cri n’a rien contre le rock, ni contre aucune forme de musique que ce soit. Néanmoins ce n’est pas au contribuable de le financer, mais à ses amateurs.
Amédée Dubuis


